PALEO E ARCHEOASTRONOMIA:

 

"Corsica: un progetto interdisciplinare ed un congresso per il solstizio d'estate 2004".
METIS
Miti è Etnotesti chi Toccani l’Isula Sacra

 

Porteurs du projet:D. Salini (LAMMI), J.F. Santucci (SPE) - Université de Corse
Mail: salini@univ-corse.fr ; santucci@univ-corse.fr

< Partenaires impliqués:

LAMMI
*D. Salini, Pr. Anthropologie
*F. Albertini, MCF Communication
*T. Fogacci, McF Anthropologie
*G. Thury-Bouvet, Docteur Anthropologie, PRCE
V. Lari, Doctorant Anthropologie, ATER
J. Bosseur-Acquaviva, Doctorant Anthropologie

BIM
*M.-M. Spella, MCF Géologie

SPE – UMR CNRS 6134
*M.-L. Nivet, MCF Informatique
*J.-F. Santucci, Pr. Informatique
*F. Bosseur, Ing de Recherche CNRS Calcul Scientifique
*E. Khoumeri, Doctorant Informatique

C3A- CLUB ASTRONOMIE VIGNOLA *A. Ottavi, astronome

INDOTECH, INC. *R. Straitt, Ingénieur informatique

-Légende-: *nom: indique un enseignant-chercheur intervenant sur le projet dont le travail doit être financé dans la cadre de ce projet

. Durée du Projet: 18 mois

-1- Introduction

-1.1- Présentation synthétique du projet

Le projet de recherche présenté résulte de la collaboration entreprise depuis plusieurs années entre le laboratoire Systèmes Physiques pour l'Environnement (SPE, UMR CNRS 6134), le Laboratoire d'Anthropologie du Monde Méditerranéen et Insulaire (LAMMI) de l'université de Corse.
L’objectif général du projet est l’étude du Patrimoine culturel et anthropologique du territoire corse fondée sur une analyse spatio-temporelle du territoire étudié ; cette analyse repose d’une part sur des outils et concepts informatiques tels que les Systèmes d’Information Géographique et la Modélisation et Simulation hiérarchisées de systèmes complexes et d’autre part sur des concepts issus de la Sémiologie.
Pour les anthropologues, le but est de redécouvrir l'ancienne mythologie Corse par l'étude systématique des liens et des correspondances entre les différentes données, à l'aide des SIG et autres outils informatiques de pointe.
Les données anthropologiques prises en compte comprennent, la toponymie (habitat, relief, hydrographie,...) les sites archéologiques, la tradition orale (au travers des mythes, contes, poésies, chants,...) ainsi que des anciennes cartes (plan terrier et plans cadastraux à différentes époques).
Les analyses envisagées sont de plusieurs nature: (i) travail sur la toponymie et sa liaison avec l'environnement (recherche de la signification de radicaux oubliés, recherche de leur origine régionale) ; (ii) étude des liens topologiques, visuels, et environnementaux des sites archéologiques entre eux, (iii) étude et représentation spatiale des contes et mythes de la culture Corse.
L’objectif général est le repérage systématique des sites et des toponymes de Corse afin de faire émerger la polysémie du lieu par l’analyse de quelques marques sémiotiques. L’espace étant, pour les sociétés de l’oralité, le livre où s’inscrivent croyances et histoires, le toponyme est bien un signe qui restitue des savoirs faits de gestes, de sons, de connaissances de la résonance de l’endroit, de ses valeurs et de ses propriétés, complétés et perpétués au fil des générations qui se succèdent. Lieu diversement valorisé, l’espace est diversement investi par le geste qui désigne, qui nomme ou qui construit, en somme qui maîtrise un territoire de vie et de mort. Travailler sur le signe, c’est participer à la morphogénèse en se questionnant sur ce processus que l’on pourrait qualifier de polémique entre le topos et les valeurs symboliques mises en branle par le geste rituel.

-1.2- Partenaires
Les partenaires du projet ont été sélectionnés suivant des critères de complémentarité et de multi-disciplinarité:

-§- le LAMMI (LAboratoire du Monde Méditerranéen et Insulaire, Université de Corse) collectera et traitera les données anthropologiques à l’aide en particulier des outils informatiques développés dans le cadre du projet. Ce laboratoire est aussi chargé de valider le projet sur deux applications test.
-§- Le SPE (Systèmes Physiques de l’Environnement, Université de Corse) développera essentiellement les outils informatiques de traitement de cartes géographiques, de traitement de l’information issue de paramètres astronomiques, les bases de données géoréférencées via Internet. Il sera aussi associé au traitement de données relatives à l’application finale.
-§- Le BIM (Biodiversité Insulaire et Méditerranéenne) sera chargé des collectes des données géologiques. De plus des analyses en termes de propriétés géologiques des lieux seront réalisées en relation avec les sites anthropologiques étudiés.
-§- Le C3A (club d’astronomie d’Ajaccio) apportera ses compétences en termes de modèles astronomiques du ciel passé, présent et avenir. Pour cela une collaboration étroite avec les informaticiens du SPE et les anthropologues du LAMMI permettra la définition de logiciels efficaces en termes d’archéoastronomie.

Partenaires extérieurs:
-§- La société Indotech inc. , USA est spécialisée dans les interfaces homme-machine et collabore depuis 1995 avec l’Université de Corse dans la cadre de la recherche et de la formation. Elle prendra en charge l’ergonomie des logiciels développés.

-1.3- Adéquation du projet avec les priorités de l'appel
L'ensemble des objectifs présentés précédemment s'inscrit directement dans le cadre des priorités de l'appel à proposition:
-§- Il répond directement au soucis de pertinence régionale. En effet, il s’inscrit dans le domaine de l’identité dans un contexte régional. L’outil développé pourra être utilisé pour aider les institutionnels dans leur processus de sauvegarde et diffusion de la culture corse.
-§- Il s’agit d’un projet inter-disciplinaire faisant intervenir des partenaires issus d’horizons différents venant de la recherche (informaticiens, anthropologues, géologues, astronomes) ou du monde industriel.
-§- Il s’agit d’établir un état des connaissances et références produites tant en interne que dans les différents réseaux du laboratoire.
-§- Il s’agit d’un projet innovant, devant permettre l’intégration des techniques informatiques pour des analyses de l’espace corse en termes de connaissances anthropologiques et astronomiques.

-2- Objectifs de recherche technologique du projet.

-2.1- Etat de l’art et intérêt du projet.

-2.1.1-Etat de l’art.
L’anthropologie est généralement définie comme l’étude du comportement humain en tout temps et tout lieu. Cette définition introduit deux concepts essentiels: l’espace et le temps.

Le besoin d’introduire les composantes spatiales et temporelles pour la modélisation de phénomènes issus du domaine de l’anthropologie est mis en évidence dans de nombreux travaux de recherche. Au delà de la simple utilisation de données géo-référencées, la complexité inhérente à décrire et à introduire les dimensions spatiales et temporelles des phénomènes anthropologiques oblige la communauté scientifique à se diriger vers l’utilisation d’outils facilitant l’étude des ces deux dimensions. Les technologies numériques du traitement de l’information et les SIG en particulier représentent des outils géo-informatiques relativement bien adaptés à l’acquisition, au stockage, à la structuration, à la visualisation, à la diffusion, la modélisation et la simulation de données géo-référencées.
Bien sûr le couplage de modèles de simulation de phénomènes anthropologiques avec des systèmes d’information géographique est une opération complexe. Elle implique la résolution:
-§- de problèmes sémantiques liés aux trois domaines que sont les SIG, la modélisation et l’anthropologie,
-§- de problèmes conceptuels liés aux trois domaines,
-§- de problèmes de mise en œuvre technique des méthodes de résolution des problèmes précédents.

L’application des technologies numériques peut être classifiée selon 3 niveaux d’utilisation:
-§- exécuter des actions assez simples qui sont généralement effectuées sans ordinateur.
-§- exécuter des actions complexes qui ne sont généralement pas effectuées.
-§- mettre en évidence des nouveaux concepts qui doivent révolutionner nos idées et créer des nouvelles hypothèses de travail.

Les applications actuelles des technologies numériques à l’anthropologie peuvent être décomposées en 5 champs d’utilisation:
-§- la gestion de données anthropologiques
-§- la gestion de données satellitaires
-§- les analyses environnementales (le but est d’étudier l’impact de l’environnement sur le comportement humain)
-§- la simulation de scénarii: le but est de vérifier des hypothèses anthropologiques grâce à des simulations numériques
-§- la modélisation de sites: le but est de calculer des probabilités d’implantation de sites.

Les apports des technologies numériques à l’anthropologie sont bien sûr illustrés par les applications décrites précédemment.

Cependant les avantages mis en évidence précédemment doivent nuancés par les problèmes suivants:
-§- dans toutes les application numériques l’aspect temporel est déconnecté de l’aspect spatial.
-§- l’informatisation peut accentuer dramatiquement la propagation d’erreurs.

-2.1.2- Acquis des partenaires

LAMMI
Site Web: http://www.univ-corse.fr/recherche/CRCM1.htm
Ce laboratoire est spécialisé dans l’étude des systèmes anthropologiques pour l’Environnement. L’équipe intervenant dans le projet est experte dans le domaine de la linguistique, l’anthropologie, la communication et la sociologie.

Publications principales

-§-Corsica Tarra Sacra, P.U.L.A.n°5,146p., mars 1994 (Interreg 1)
-§- Segni, P.U.L.A. n°6, 150p., sept. 1996 (STRIDE)

SPE (Systèmes Physiques pour l’Environnement)
Site Web: http://spe.univ-corse.fr/
Ce laboratoire (UMR CNRS 6134) est spécialisé dans l’étude des systèmes physiques pour l’Environnement. L’équipe intervenant dans le projet est experte dans le domaine de la modélisation et la simulation orientées objets de systèmes naturels. Les activités de recherche sont orientées autour des thèmes suivants:
_ Modélisation et simulation de systèmes naturels via différents concepts (Systèmes à événements discrets, Réseaux de Neurones, Systèmes multi-agents, etc).
_ Développement de bibliothèques de composants.
_ Systèmes d’information géographique et aménagement du territoire.
_ Validation de systèmes complexes.

Cette équipe est impliquée dans plusieurs contrats de recherche nationaux et internationaux (projet Européen MEDIS – 2002-2005 , HCM BELSIGN 1995-1999, EOARD 2000-2003, Alcatel 2000-2003, etc)

. Publications principales

-§- “Architecture orientée objet. Modélisation multivue et simulation à événements discrets ”, A . Aiello, J.F. Santucci, M. Delhom, P. Bisgambiglia (2000)Vol 6, N°4, pp. 409-444, Revue L’Objet, 2000.
-§- "An Hybrid Methodology for the Modeling and Simulation of Natural Systems" F. Chiari, M. Delhom, J.F. Santucci, Systems Analysis – Modelling – Simulation, 2002, Taylor & Francis, Vol.42(2), pp. 269-287
Publications communes entre le SPE et le LAMMI:
-§- Données anthropologiques et Système d'Information Géographique, publiée et présentée lors de la conférence ESRI2000, Paris Septembre 2000.

-§- "Retrieving an old mythology in Corsica using GIS"
M.L. Nivet, J.F. Santucci, F. Bosseur, D. Salini, F. Albertini G. Thury-Bouvet, D. Santini, T. Fogacci,R. Straitt, A. Ottavy, published in the Proceedings of the CHACMOOL 20001 Conference, Calgary 14-18 November 2001.
P3 BIM: L’équipe impliquée dans le projet est l’équipe de géologie. Elle permettra d’associer la dimension géologique aux données anthropologiques et archéologiques.
Site Web: http://www.univ-corse.fr/recherche/BIM.htm

P4: C3A
Le club d’astronomie de Vignola (Ajaccio) s’est spécialisé dans l’archéoastronomie en réalisant un logiciel d’aide à la mise en contexte de sites archéologiques avec des événements astronomiques.

Partenaires extérieurs.

P5: Indotech, Inc.
La société Indotech a un long passé de collaboration avec l’Université de Corse dans plusieurs domaines:
-§- co-organisation de colloques internationaux
-§- participation à de cursus informatique à la faculté des Sciences et techniques
-§- définition de projets de recherche communs
-§- correspondant privilégié à Washington DC pour l’organisation de rencontres avec des industriels et institutionnels américains.
Elle est de plus spécialisée dans la conception d’interfaces homme-machine.

-2.2- Innovation technologique et recherche développées pour le projet
L’innovation technologique et recherche développées pour le projet concerne les thèmes suivants:
-§- Outils informatiques pour l’archéoastronomie
-§- Définition d’un outil informatique dédié aux anthropologues permettant de faciliter la vérification d’hypothèses.
-§- Recueil de contes et légendes issues de l’oralité
-§- Mise en espace de contes et légendes en utilisant des techniques informatiques de pointe.
-§- Diffusion des connaissances mises en évidences dans le cadre du patrimoine culturel corse grâce à un environnement impliquant des bases de données géo-réferencées et accessibles via internet.

-3- Objectifs régionaux du projet.

-3.1- intérêt du projet pour les instances locales
Le travail consistera à définir le corpus de la banque de données M.E.T.I.S. (Miti è Etnotesti chi Toccani l’Isula Sacra) comptant deux entrées principales:
-§- toponymie:implémentation des toponymes du Plan Terrier (1770-1795), du cadastre du 19ème siècle et de ceux résultants des enquêtes de terrain.
-§- récits:implémentation des informations anthropologiques (récits, événements religieux, pratiques rituelles, proverbes, interdits..) liés aux toponymes et aux sites répertoriés (archives écrites et sonores, témoignages contemporains).

La confrontation des cartes IGN, du repérage cadastral et du Plan Terrier avec des enquêtes orales, permettra de:
-§- rectifier un certain nombre d’erreurs quant à la localisation, la dénomination et la transcription ;
-§- élaborer une cartographie signifiante du réseau symbolique qui tisse l’espace insulaire en localisant des sites préhistoriques inconnus ou disparus qui subsistent à l’état de traces dans les toponymes ou les mythes ;
-§- amorcer, à partir d’une réhabilitation du lieu, re-situé et re-nommé, une nouvelle lecture de l’espace corse, différente de son histoire « officielle » ;
-§- engager une réflexion innovante qui tienne compte du savoir mémorial, tant langagier que rituélique, enfoui sous les couches d’occultation successives.

La méthodologie mise en œuvre consiste donc à définir un ensemble de concepts sémiologiques déterminant dans le cadre de la rappropriation du patrimoine culturel corse.

-3.2- Type d’exploitation envisagée, diffusion des résultats et retombées économiques pour la région
Les retombées pour la Région sont multiples:
-§- Ré appropriation du Patrimoine
-§- Diffusion de la culture corse retrouvée
-§- Organisation d’un congrès international d’Archéoastronomie à Filitosa en 2004.

 

-4- Description Technique du projet
Les sous-projets suivants ont été clairement identifiés et définis afin de réaliser les objectifs précédents:
-1 Etat de l’art
-2 Données anthropologiques et géologiques
-3 Etudes archéo-astronomiques
-4Outils informatiques facilitant les études précédentes
-5 SIG et Données anthropologiques
-6 Validation du système
-7 Coordination du projet.
L’organisation entre les sous-projets est illustrée par la figure 1.
Nous avons représenté sur la figure les sept sous-projets impliqués dans le projet METIS. (les sous-projets sont indiqués en italique et numérotés de 1 à 7)
Nous avons aussi fait figurer pour chaque sous-projet le partenaire responsable en Gras du sous-projet.
Enfin les flèches mettent en évidence les liens entre les différents sous-projets. Il est à noter que les sous-projets SP6 –validation du système – et SP7 –Coordination - interviennent de manière globale et sont liés à pratiquement tous les sous-projets.
-4.1- Etat de l’art

-4.1.1- Description du sous-projet 1

L'utilisation des technologies numériques peut être classifié selon quatre niveaux d’utilisation et ce quelque soit le métier ou le domaine concerné:
-§- Stockage et structuration des données
-§- Analyse à grande échelle, automatisation de certaines tâches
-§- Innovation et introduction de nouvelles méthodes de travail
-§- Visualisation et communication des résultats des recherche: médiatisation
En premier lieu la machine peut être utilisée pour reproduire les tâches propres au corps de métier concerné. Le travail effectué reste le même et seul les moyens d'effectuer ce travail changent et évoluent. Cette évolution touche d'abord et avant tout, les moyens de stockage de l'information.
Le SIG se révèle être un merveilleux outil pour la collecte, l’organisation et le stockage des données. Que ce soient des données issues de fouilles, d’observations simples ou de l’étude de documents anciens, le SIG permet de mettre en commun et de gérer l’ensemble de ces connaissances de façon beaucoup plus rapide et efficace que ne le permet l’utilisation classique de cartes papier. L'utilisation d'un tel système permet entre autre:
-§- la gestion d'archives cartographiques;
-§- la structuration et l'exploitation des données: grâce aux simples outils de sélection il permet une meilleur analyse et interprétation des données, en rendant possible la sélection l'affichage et la cartographie des objets par taille, par forme ou par tout autre attribut;
-§- la meilleure compréhension de l'évolution d'un site et plus généralement celle d'un territoire au cours du temps. Il est en effet très aisé de confronter l'existant avec la reconstitution de l'ancien en superposant les couches d'information;
-§- l'inventaire à grande échelle de par la facilité de mise en commun des données;

-4.1.2- Détail des réalisations

Echéances:
Le résultat majeur attendu de ce sous projet est un rapport sur l’état de l’art d’utilisation numériques pour l’analyse anthropologique des territoires(de T0 à T0 + 6mois)

-4.2- Données anthropologiques et géologiques

-4.2.1- Description du sous-projet 2
L'anthropologue se doit de prendre en compte une multitude de données. En premier lieu il s'intéresse aux toponymes qui jalonnent le territoire. En effet les toponymes sont une des rares connaissances qui ont pu être transmises. Les noms de lieux peuvent donner de précieux renseignements sur l’évolution et sur la mutation du langage au cours du temps.
Chaque anthropologue, dans sa région d’étude, effectue des relevés de toponymes, par le biais des enquêtes de terrain ou par l’étude de documents anciens. Tous les toponymes sont pris en compte, qu’ils soient attachés au relief, à l’hydrographie, aux lieux de travail, d’habitat, de religion, de sanctuaires.
Dans la mesure du possible l’évolution et les changements de toponymes sont également mémorisés. Ceci peut être particulièrement important pour l’appellation des entités religieuses qui souvent ont pris la place des anciennes croyances.

Le deuxième type de données concerne les sites archéologiques ou remarquables d’un point de vue anthropologiques (par exemple les aires de battage, les aires à blé). Ces sites sont répertoriés et leur description est accompagnée, de leur emprise au sol, de photos et de plans.

La culture ancienne étant principalement basée sur un mode de transmission orale, les anthropologues s’intéressent également aux chants, poésies, contes et mythes. Ainsi chaque anthropologue possède un ensemble de témoignages écrits, oraux, parfois filmés de personnes connaissant ces histoires. Plusieurs paramètres sont alors à étudier: l’origine du témoignage (lieu de l’enquête, qualité du témoin), l’origine de l’histoire (d’où le témoin tient-il cette histoire) et bien sûr l’histoire elle-même. En effet, que ce soit dans les contes, les chants ou les poésies, il est souvent fait mention de lieux. Ils existaient et étaient nommés à l’époque et sont de nos jours soit oubliés soit encore connus. La connaissance de la culture passe donc par la redécouverte de ces lieux.
Enfin les dernières données directement traitées par les anthropologues sont les anciennes cartes du territoire. On peut citer les cadastres mais aussi et surtout le plan terrier. Ce plan contient des informations très précises concernant la situation économique de l’île (à la fin du XVIIIème siècle). Il fut commencé en 1770 après la conquête française. Il avait pour but de comptabiliser l'ensemble des habitants, des troupeaux, des cultures de l'île ainsi que les fontaines, les rivières...jusqu'aux bâtiments. Il fallut 25 ans d'étude pour obtenir 39 rouleaux et 17 livres.
On peut aussi tenir compte de nombre de paramètres différents comme le relief, les pourcentages de pentes de terrain, la nature géologique du sol, son potentiel agricole, la présence d'un point d'eau, l'accès aux voies de communications, la visibilité depuis le site et celle du site, ou l'ensoleillement. L'analyse des deux derniers point est rendue possible par l’introduction de modules de simulation de visibilité ou d’ensoleillement à l’intérieur des SIG. Ces outils de simulation permettent d'autre part l’émission ou la vérification de nombre d'hypothèses concernant l'emplacement et la signification de certains sites. La multiplicité des paramètres à prendre en compte renforce la nécessité d'utiliser un outils informatique. Les capacités d’analyse de cet outil sont très précieuses et permettent de réaliser des études poussées. Nous parlerons ici de trois sortes de recherches possibles: l’analyse toponymique en relation avec l’environnement ; l’étude topologique des interconnexions entre les sites remarquables ; l’étude et la mise en espace de certains mythes ou contes de la culture corse. Beaucoup de toponymes nous sont devenus obscurs et leur signification s’est perdue au cours des différentes mutations et évolutions du langage. Le but de ce sous-projet est de faire émerger les données anthropologiques et les données géologiques en vue des traitements présentés dans les sous-tâches suivantes.

-4.2.2- Détails des échéances

Le résultat de ce sous-projet consistera dans la rédaction d’un rapport mettant en évidence les informations devant être traitées par les outils informatiques:
-§- Toponymie
-§- Sites archéologiques
-§- Données géologiques
-§- Contes et légendes
La durée de ce sous-projet est de 15 mois (de T0 à T0 + 15 mois)

-4.3- Archéoastronomie

-4.3.1- Présentation du sous-projet

Deux principaux axes de recherches sont développés:
-§- astronomie et sites
-§- relecture de la mythologies corse avec une vision fondée sur des références astronomiques

L'archéoastronomie est la science qui concerne la découverte et l'étude des croyances et des pratiques astronomiques des sociétés anciennes. C'est d'abord un outil pour comprendre les accomplissements intellectuels des cultures primitives, comme par exemple, les bâtisseurs des alignements mégalithiques. On parle également d'astroarchéologie, ou d'astronomie mégalithique, lorsqu'il s'agit de mesurer et d'interpréter la signification astronomique de structures architecturales d'origine préhistorique.

L’archéoastronomie inclut l'étude des croyances astronomiques et cosmologiques des peuples anciens, ainsi que la mythologie et le folklore rattachés aux phénomènes célestes dans les cultures anciennes.

La base de la discipline de l'archéoastronomie repose sur l'hypothèse que les peuples anciens, même à un stade technologiquement ou intellectuellement primitif, se sont intéressés aux phénomènes célestes et ont tenté d'apporter des explications ou des significations particulières à ces phénomènes. Au cours de leur histoire, ces peuples se sont servis de leurs observations dans des rituels ou les ont incorporés dans des mythes afin de mettre sur pied des calendriers, ou d'anticiper les dates importantes d'activités saisonnières, par exemple, à des fins agricoles.

Le but de ce sous-projet est donc l’étude des sites archéologiques corses du point de vue de l’archéoastronomie.

Reconnaître les connaissances théoriques, enfouies dans les cérémonies et les mythes, et les pratiques astronomiques grâce à l'étude des observatoires, permet de mesurer la complexité culturelle d'une société.

On trouve ainsi des connaissances élaborées au ciel dans des sites d'observation anciens comme les alignements de pierres (Cauria, Paddaghju, etc…), l'orientation des monuments comme les dolmens (Funtanaccia, Casa di u Lurcu, Casa di Lurca,etc…) et les casteddi (Araghju, Cucuruzzu,etc…), ou dans des légendes comme celles du U Conti Pazzu Orsulamanu ou a Fola di u Lurcu issues de l’oralité.

Les objectifs de ce sous-projet sont donc le repérage et l'identification des sites et des monuments dédiés aux pratiques astronomiques en cherchant des alignements grâce à la présence de marqueurs architecturaux (pierres, autels, fenêtres, colonnes) et en les confrontant à des astres susceptibles d'avoir été observés et dont on conserve des traces dans l’oralité, la mythologie ou le calendrier. Il faudra en particulier prendre en compte lors des sortie sur le terrain les informations suivantes:
- les mouvements apparents du Soleil et de la Lune (levers/couchers, déclinaisons extrêmes)

- les saisons

- la variation de l'inclinaison de l'écliptique

- la visibilité des étoiles aux lever/coucher (extinction)

- la réfraction atmosphérique et la vision des paysages lointains

- la mesure, la détermination d'azimut et de hauteur des astres ou de l'horizon

-4.3.2- Détails des échéances

Echéances:
Le résultat majeur attendu de ce sous projet est un rapport permettant de lister l’ensemble des sites corses ayant un lien fort avec des événements astronomiques (de T0 à T0 + 12 mois)

-4.4- Outils informatiques

-4.4.1- Description du sous-projet

Ce sous-projet a pour objectif de définir un ensemble d’outils informatiques d’aide à l’analyse de cartes numériques. Les analyses suivantes devront pouvoir être menées à l’aide des logiciels réalisés:
-§- ener des recherches dans le cadre des aspects astronomiques, anthropologiques et géologiques liés au monuments archéologiques à travers la Corse afin de conserver et transmettre ces connaissances.
-§- tiliser dans un premier temps les sites mégalithiques déjà géo-référencés. -§- ournir une aide en termes de services technologiques pour les universités impliquées dans la recherche l’étude des sites archéologiques conçus à partir de considération astronomiques.

-§- voriser la diffusion des résultats à travers des publications, les web et les différents média.

-§- érifier les chronologies et les datations établies par les historiens, en confrontant des recueils d'observations antiques vis-à-vis les éphémérides et simulations modernes.

-§- simuler le ciel des Anciens et calculer les éphémérides appropriées, pour ensuite être confrontées aux sources orales(reconstitution de phénomènes célestes par la simulation de l'aspect du ciel à un moment et à un lieu donné).

-4.4.2- Détails des échéances
Echéances:
Les logiciels correspondants aux spécifications précédentes devront être utilisables 3 mois avant la fin du projet pour pouvoir être validés lors de la phase de validation (de T0+6 à T0 + 15 mois)

-4.5- SIG et données Anthropologiques

-4.5.1-Description du sous-projet

Ce sous-projet consiste à la réalisation d’une base de données géo-référencée à l’aide d’un SIG prenant en compte les données des sous-projet 2 et 3.
De plus la constitution de cette base de données devra être effectuée à distance par différents utilisateurs via internet.
L’accessibilité des données, par internet sera assuré par le développement d’applications client/serveurs.

< Le but du projet est donc d’offrir un environnement logiciel convivial permettant le développement et l’utilisation d’un SIG intégrant les données anthropologiques, géologiques et astronomiques.

L’environnement logiciel devra de plus permettre à un non-informaticien devant travailler et d’intégrer facilement ces données.

Pour cela l’environnement devra intégrer les concepts suivants:
-§- Développement des bases de données géo-reférencées.
-§- Développement de techniques d’accès aux données et aux outils via internet.
De plus, l’intégration des différents outils logiciels intervenant dans le projet et l’implémentation des interfaces graphiques permettra de réaliser un environnement logiciel performant et adapté à des utilisateurs non-informaticiens.

L’environnement logiciel sera utilisé pour les anthropologues à l’aide de requêtes spatiales (question posée au SIG par le biais d'une interface) du type « Quels sont tous les toponymes se trouvant à moins de 500 m d’un court ou d’un point d’eau ? », ou encore demander « la liste des toponymes se trouvant sur une zone forestière ». Les anthropologues pourront également chercher par l’analyse spatiale à retrouver l’origine géographique d’un toponyme donné ou d’une racine toponymique: « Ou se trouvent les toponymes ayant pour radical la syllabe «tar»?».

Parallèlement avec les analyses croisées sites/variables d’environnement, Ils pourront aussi mettre en place un modèle prédictif basé sur l’étude des relations topologiques qui peuvent exister entre les sites remarquables connus. En effet on peut émettre l’hypothèse que l’emplacement de certains sites n’est pas uniquement lié à la nature du terrain, mais qu’il existerait une forme de réseau à plus ou moins grande échelle ayant influencé le positionnement et l’agencement des sites.

L’un des autres témoignages importants pour les anthropologues se trouve en corse, comme dans toutes les cultures ou la tradition orale est forte, dans l’études des mythes, contes, chants et poésies. En effet si certaines de ces histoires qui ont pu voyager à travers le temps se déroulent dans un espace imaginaire, d’autre se rattachent à des lieux et des endroits connus. Au travers de leur étude on peut donc espérer retrouver et, peut être, reconstituer les habitudes de vie et le paysage dans lequel évoluaient les gens du passé. Pour ce faire nous tenterons de mettre en espace l’histoire en la replaçant dans le réel et en retraçant les divers parcours des protagonistes. C’est par cette première étude que nous avons décidé de commencer notre expérimentation. Le choix de ce premier test s’explique par le fait que c’est celui qui nécessite le moins de saisies de données. En effet le nombre de lieux signifiés dans le conte est limité et l’essentiel du travail se trouve ici au niveau de l’analyse (voir 4.6)

-4.5.2- Détails des échéances

Echéances:
Le logiciel correspondants aux spécifications précédentes devront être utilisables 3 mois avant la fin du projet pour pouvoir être validés lors de la phase de validation (de T0+12 à T0 + 18 mois)

-4.6- Validation du système

-4.6.1- Description du sous-projet

Ce sous-projet consistera à définir des jeux de test devant permettre la validation du projet global.

-A Validation de l’utilisation d’un SIG pour l’étude d’un conte.

Choix du conte: U Conti Pazzu.

Ce conte est très connu en Corse et plusieurs versions ont put être recueillies dans les villages de l'île, avec des petites variantes parfois. C'est l'histoire du Conti Pazzu, homme singulier s'il en est qui avait la particularité de ne rien faire comme les autres et plus encore de tout faire à l'envers. Si nous avons choisi ce conte pour une première expérience c'est parce qu'il est fait référence dans les différentes versions qui ont été recueillies à nombre de noms de lieu et en particulier à un château, le château du Conti Pazzu dont on ne trouve plus trace aujourd'hui. Nous avons donc commencé à nous intéresser à tous les indices qui pouvaient nous aider à situer l'espace du conte, à localiser et identifier les parcours des différents protagonistes. La première étape est conduite par les anthropologues. Elle consiste à relever dans les différentes versions du conte tous les indices ayant un rapport de près ou de loin avec l’espace et le territoire.

Une fois l'ensemble de ces indices relevés l'utilisation du SIG s'avère nécessaire. Il faut tenter de reconstruire l'espace du conte et si possible de localiser le plus précisément possible les lieux et les parcours des protagonistes de l'histoire.

Il s'agit dans un premier temps de placer sur la carte de la Corse tous les noms de lieux connus du conte. A savoir, le domaines des trois sorcières, l'emplacement de la forge du Conti Pazzu, et l'endroit ou il rendait la justice. Ceci nous a permet de délimiter une zone de travail restreinte. Vient ensuite l'analyse de la couverture végétale dans la zone d'étude, en l'occurrence en recherchant les correspondances entre les descriptions faites dans le conte (proximité du maquis attesté par la présence de l'arbousier et de la forêt) et l'état actuel de couverture, sachant que cette région a été très peu modifiée. Nous nous intéressons alors aux différences d'élévation et de relief comparant les indications de parcours contenues dans l'histoire et les profils tracé dans le SIG. Puis la zone de probabilité de présence du château est délimitée. Pour cela nous recherchons les zones de plus grande pente dans la région concernée. Nous effectuons également des simulations de visibilité correspondant à la description donnée, à savoir, visibilité du château depuis certains lieux identifiés dans le conte.
Cependant, les analyses effectuées devront confirmer l'idée que le conte s'appuie bel-et-bien, sinon sur une histoire réelle, du moins sur un espace réel.

-B Validation des outils informatiques pour l’analyse archéoastronomique

Le site choisi est le site de Filitosa.
Il permettra de valider les outils informatiques d’aide à l’analyse de sites.
De plus un colloque international d’Archéoastronomie sera organisé en 2004 à Filitosa en collaboration avec l’ALSSA, laboratoire de recherche en Archéoastronomie (Associazione Ligure per lo Sviluppo degli Studi Archeostronomici , Italie, , E. Calzolari.

-4.6.2- Détails des échéances
Les tâches suivantes seront réalisées:
. Validation des logiciels fondés sur les SIG (de T0 +15 mois à T0 + 18 mois)
. Validation des outils informatiques (de T0 + 15 mois à T0 + 18 mois)
. Organisation d’un Colloque International d’Archéoastronomie entre (T0 +15 et T0 +18 mois)

-4.7- Coordination du projet

-4.7.1- Description du sous-projet

Le sous-projet sous la responsabilité du laboratoire LAMMI consiste en la coordination du projet.
Le but de ce projet est double: d’une part la définition d’une gestion efficace des différents partenaires et des différents sous-projets (respect des échéances, organisation de réunions de travail, développement d’une stratégie de travail via internet, etc…) ; d’autre part l’intégration des différents logiciels développés dans le cadre du projet afin de proposer un système logiciel cohérent

-4.7.2- Détails des réalisations et échéances
Les tâches réalisées dans le cadre de ce sous-projet interviennent tout au long de développement du projet global.
La coordination du projet implique:
-§- la réalisation d’un site web permettant le travail commun entre les différents partenaires (de T0 à T0 + 3 mois)
-§- la gestion du site web précédent (de T0 +3 mois à T0 + 18 mois).
-§- la planification de réunions de travail entre les différents partenaires durant toue la durée de projet)
-§- une phase d’intégration des différents logiciels définis lors du projet (T0 +15 à T0 +18 mois)

-4.8- Chronogramme détaillé des opérations

Activité – SP1 – juin, juil, aou, sep, oct, nov, déc (2003)
Activité – SP2 – juin, juil, aou, sep, oct, nov, déc (2003) – jan, fév, mar, avr, mai, juin, juil, aou, sep (2004)
Activité – SP3 – juin, juil, aou, sep, oct, nov, déc (2003) – jan, fév, mar, avr, mai, juin (2004)
Activité – SP4 – jan, fév, mar, avr, mai, juin, juil, aou, sep (2004)
Activité – SP5 – juil, aou, sep. oct, now, déc (2004)
Activité – SP6 – oct, now, déc (2004)
Activité – SP7 – juin, juil, aou, sep, oct, nov, déc (2003) – jan, fév, mar, avr, mai, juin, juil, aou, sep oct, nov, déc (2004)